Le calcul des IJSS en cas d’accident du travail suit une règle simple : on part du salaire brut du mois précédent, on le convertit en salaire journalier de référence, puis on applique un taux qui change selon la durée de l’arrêt. Les points qui compliquent souvent la lecture tiennent aux plafonds, aux prélèvements sociaux et au traitement en paie, surtout quand le dossier doit être reconnu par la CPAM ou la MSA.
La formule à connaître pour calculer les IJSS accident du travail
Les indemnités journalières de Sécurité Sociale versées après un accident du travail compensent une partie de la perte de salaire pendant l’arrêt. Elles sont dues dès le lendemain de l’accident, sans jour de carence. Le jour de l’accident est, en principe, pris en charge par l’employeur.
Calcul IJSS Accident du Travail
* Note : Le jour de l’accident est à la charge de l’employeur et n’est pas inclus dans le calcul des IJSS. Le calcul est basé sur un taux de prélèvement social de 6,7% (CSG 6,2% + CRDS 0,5%).
Étape 1 : déterminer le salaire journalier de référence
La formule de base est la suivante : salaire brut du mois précédant l’arrêt / 30,42. Le résultat correspond au salaire journalier de référence. Ce montant reste plafonné : il ne peut pas dépasser 400,82 €.
Exemple avec un salaire brut mensuel de 1 800 € : 1 800 / 30,42 = 59,17 € de salaire journalier de référence. C’est cette base qui sert ensuite au calcul de l’indemnité journalière. Le raisonnement est le même pour n’importe quel salaire : il faut d’abord trouver ce salaire journalier, puis vérifier s’il reste sous le plafond.
Étape 2 : appliquer le taux selon la durée de l’arrêt
Le taux d’indemnisation change après les 28 premiers jours d’arrêt. Du 1er au 28e jour, l’IJSS correspond à 60 % du salaire journalier de référence. À partir du 29e jour, elle passe à 80 %.
| Période d’arrêt | Taux appliqué | Base de calcul |
|---|---|---|
| Du 1er au 28e jour | 60 % | Salaire journalier de référence plafonné |
| À partir du 29e jour | 80 % | Salaire journalier de référence plafonné |
Avec le même exemple à 1 800 € brut, l’IJSS brute du début d’arrêt est donc de 59,17 € x 60 %, soit 35,50 € par jour. Le montant ne doit pas non plus dépasser le gain journalier net, calculé en retirant forfaitairement 21 % au salaire journalier. Dans cet exemple, le gain journalier net est de 46,75 €.
Plafonds, prélèvements et montant réellement perçu
Le montant issu du calcul brut n’est pas toujours celui qui arrive réellement sur le compte du salarié. Il faut tenir compte des limites légales et des prélèvements sociaux appliqués aux indemnités journalières. C’est souvent là que se crée l’écart entre le calcul attendu et le versement reçu.
Le plafond du salaire journalier limite les hauts revenus
Le salaire journalier de référence est plafonné à 400,82 €. Même si le salaire brut du mois précédent conduit à un montant supérieur, le calcul des IJSS accident du travail se fera sur cette base maximale. Pour les 28 premiers jours, cela donne un plafond d’IJ de 240,49 €, soit 60 % du salaire journalier de référence plafonné.
Cette règle évite de raisonner uniquement en pourcentage du salaire réel lorsque la rémunération est élevée. Pour une estimation fiable, il faut donc toujours vérifier deux éléments : le salaire journalier obtenu avec le diviseur 30,42, puis le plafond applicable. Sans cette double vérification, l’estimation peut être trop haute.
CSG et CRDS : les retenues à ne pas oublier
Les IJSS sont soumises à des prélèvements sociaux. La CSG de 6,2 % et la CRDS de 0,5 % sont déduites des indemnités. Le montant net versé est donc inférieur au montant brut calculé.
Dans la pratique, cette différence explique bien des incompréhensions. Le salarié calcule une indemnité théorique, puis constate un versement plus bas. La bonne méthode consiste à distinguer trois niveaux : le salaire journalier de référence, l’IJSS brute, puis l’IJSS nette après CSG et CRDS. Cette lecture évite les erreurs d’interprétation, surtout quand la paie comporte aussi un maintien de salaire.
Conditions et démarches pour déclencher le versement
Le calcul ne suffit pas. L’accident doit être déclaré et reconnu comme professionnel. Sans cette reconnaissance, le dossier suit d’autres règles et les indemnités ne sont pas traitées de la même façon.
Les documents qui sécurisent le dossier
Le salarié doit informer rapidement son employeur de l’accident. L’employeur effectue ensuite la déclaration d’accident du travail auprès de la CPAM ou de la MSA, selon le régime concerné. Le médecin établit de son côté un certificat médical qui décrit les lésions et, si nécessaire, l’arrêt de travail.
La feuille d’accident du travail remise au salarié permet aussi la prise en charge des soins liés à l’accident. Elle doit être présentée aux professionnels de santé pour éviter l’avance de certains frais. Pour suivre les règles officielles, les pages de l’Assurance Maladie et de Service-Public.fr restent des références utiles.
Accident du travail, accident de trajet et maladie professionnelle
L’accident du travail survient par le fait ou à l’occasion du travail. L’accident de trajet concerne le parcours protégé entre le domicile et le lieu de travail, ou entre le lieu de travail et le lieu de restauration habituel. La maladie professionnelle, elle, résulte d’une exposition ou d’un risque lié à l’activité, mais elle n’a pas toujours le caractère soudain d’un accident.
Ces situations peuvent ouvrir droit à des indemnités journalières spécifiques, mais la constitution du dossier et la reconnaissance du caractère professionnel ne reposent pas sur les mêmes critères. En maladie professionnelle, les éléments médicaux et l’exposition au risque comptent beaucoup ; en accident du travail, la date, le lieu, les circonstances et les témoins éventuels sont déterminants. Cette distinction change la manière de présenter les justificatifs et de suivre le dossier.
Lecture en paie : subrogation, complément employeur et cas particuliers
Sur le bulletin de paie, les IJSS peuvent apparaître de plusieurs manières. Tout dépend notamment de l’existence d’une subrogation, c’est-à-dire du fait que l’employeur perçoive directement les indemnités à la place du salarié pour maintenir tout ou partie de la rémunération.
Quand l’employeur avance les IJSS
En cas de subrogation, l’employeur verse le salaire maintenu selon les règles applicables, puis récupère les IJSS auprès de la Sécurité Sociale. Le bulletin peut alors présenter une déduction des IJSS brutes ou nettes selon la méthode de paie utilisée. Sans subrogation, la CPAM ou la MSA verse directement les indemnités au salarié.
Il faut donc lire ensemble plusieurs lignes du bulletin : absence rémunérée ou non, IJSS attendues, maintien employeur, convention collective, subrogation et régularisation ultérieure. Un écart temporaire ne signifie pas forcément une erreur. Il peut venir du délai de transmission entre l’arrêt, la caisse et le service paie. Pour vérifier correctement, mieux vaut comparer le relevé d’indemnités, l’arrêt de travail et le bulletin du mois concerné.
Temps partiel, multi-employeurs et intérim
Les situations particulières demandent une vérification plus fine. Pour un salarié à temps partiel, le salaire brut du mois précédent reste la base de départ, mais il reflète une rémunération réduite. En présence de plusieurs employeurs, chaque situation doit être examinée avec les attestations de salaire correspondantes. En intérim, les éléments transmis par l’agence d’emploi sont essentiels pour reconstituer correctement la base de calcul.
Dans tous les cas, le réflexe utile consiste à conserver les bulletins de paie, l’arrêt de travail, le certificat médical, la déclaration d’accident et les relevés d’indemnités. Ces pièces permettent de comparer le calcul théorique, le versement de la caisse et le traitement en paie. Elles servent aussi à repérer vite l’origine d’un écart.
Utiliser un simulateur sans perdre le sens du calcul
Un simulateur de calcul des indemnités journalières peut faire gagner du temps, surtout si l’arrêt se prolonge au-delà de 28 jours. Il faut cependant renseigner les bons éléments : salaire brut du mois précédent, date de l’accident, durée de l’arrêt, éventuelle reprise et régime d’affiliation.
Avant de valider une simulation, vérifiez que l’outil tient compte du diviseur 30,42, du plafond de 400,82 €, du taux de 60 % puis de 80 %, ainsi que des retenues CSG et CRDS. Un bon tableau de calcul doit aussi distinguer l’IJSS brute de l’IJSS nette, faute de quoi le résultat risque d’être trop optimiste.
- Pour une estimation rapide : calculez salaire brut / 30,42, puis appliquez 60 % sur les 28 premiers jours.
- Pour un arrêt long : ajoutez la période à 80 % à partir du 29e jour, en vérifiant le gain journalier net.
- Pour une paie avec maintien : comparez le relevé d’IJSS, le bulletin et la règle de subrogation.
- En cas d’écart : contactez la CPAM, la MSA ou le service paie avec les justificatifs sous les yeux.
Le calcul des IJSS accident du travail devient beaucoup plus lisible dès qu’il est découpé dans le bon ordre : reconnaissance de l’accident, salaire journalier, taux applicable, plafonds, prélèvements, puis intégration en paie. Cette méthode permet d’obtenir une estimation fiable et de repérer rapidement une anomalie éventuelle.
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